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Pour un bouquet de violettes – 07.04.1941

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Grand Vizir
Stéphane Wilson

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MessageSujet: Re: Pour un bouquet de violettes – 07.04.1941   Pour un bouquet de violettes – 07.04.1941 EmptySam 12 Sep - 1:25

7.04.1941

Stéphane se retourna une dernière fois pour admirer son œuvre, tout en époussetant les manches de son uniforme. Parfait, parfait. Pas un pli sur le lit. Pas une seule chaussette au pied de l’armoire. Pas une seule trace de boue sur son tapis de sol. Une veste était négligemment abandonnée sur le dossier d’une chaise, mais une fois qu’elle serait dans les mains du capitaine, et ledit capitaine hors de sa chambre, tout serait parfait. Aussi enthousiaste qu’un gamin, l’aviateur jeta un œil à sa montre à gousset. Onze heures. Il n’avait plus que dix minutes devant lui : d’ordinaire, à cette heure-là, il était déjà au milieu des autres officiers, ou des hommes de son équipe au sol. Néanmoins, il s’accorda une minute supplémentaire pour relire son petit mot, laissé en évidence sur son bureau.

J’ai longtemps hésité à prendre la plume, pour vous
Donner ces quelques mots, mais je ne peux plus attendre,
Je dois absolument vous les écrire, tous ces mots doux
Que m’inspirent mes sentiments, si forts, si tendres.
Voilà. Il faut que vous sachiez que j’admire votre travail. Vous
Avez chaque jour, sans jamais renoncer, rangé, épousseté,
Cette chambre, ce havre cachant un pauvre roux.
J’admire notamment la façon dont vous faites le lit, au carré,
Encore mieux qu’un vrai militaire ! Je dois le dire, vous
Etes sans doute la plus extraordinaire des femmes de ménage,
Ô belle Madeleine ! Mon coeur palpite, je ne résiste plus, I love you,
Comme le disaient sans doute mes ancêtres. Mais digne d’un mirage,
Vous disparaissez quand on veut vous regarder d’un peu plus près
Approchez donc mais, de grâce – ne dites rien à celle que j’ai épousée


Il sentit un début de fou rire secouer ses épaules, et se força à récupérer son sérieux. Pauvre, pauvre Madeleine. Ce n’était vraiment pas charitable, ce qu’il faisait. Il l’avait fait tourner en bourrique pendant des semaines, des mois, en transformant sa chambre d’officier en souk oriental tous les matins, tout en l’observant discrètement. Vingt-quatre ans, la donzelle, et toujours pas de mari. Il pouvait presque voir le chapeau de la Ste-Catherine sur ses cheveux châtains, et se demandait pourquoi elle était seule. Elle n’était pas vilaine. Etait-elle trop timide pour faire le premier pas ? Il avait décidé de voir à quel point, en faisant le pas qu’elle refusait de faire.

Il gloussa et arrangea le bouquet de violettes qu’il avait acheté pour elle. Un petit morceau de papier, où il était simplement marqué « Madeleine » encourageait la jeune femme à s’intéresser aux fleurs, puis au petit mot à côté.

Parfait. Tout à fait satisfait, Stéphane attrapa sa veste puis quitta sa chambre. C’était au tour de Madeleine d’entrer en piste !
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Française
Madeleine Rollin

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MessageSujet: Re: Pour un bouquet de violettes – 07.04.1941   Pour un bouquet de violettes – 07.04.1941 EmptyDim 13 Sep - 1:35

Pour un bouquet de violettes – 07.04.1941


[Suite de ce message.]


Onze heure dix. Comme d’habitude, Madeleine s’arrêta devant la porte de la chambre du Capitaine Wilson, inséra son passe dans la serrure de la porte, le fit tourner et actionna la poignée avant de pousser le battant. Comme d’habitude, elle tenait un petit panier de fleurs fraîches dans la main gauche, main qui retenait également un paquet de linge sale contre sa poitrine, tandis que l’anse d’un panier de linge propre reposait sur son poignet droit. Comme d’habitude, elle entrait dans la chambre du Capitaine Wilson à une heure précise, et elle ne savait pas à quelle heure elle en sortirait, étant donné que ledit capitaine paraissait prendre un malin plaisir à éparpiller ses affaires aux quatre coins de la pièce.

Ou pas.

Stupéfaite, Madeleine s’immobilisa sur le pas de la porte et faillit même lâcher tout ce qu’elle tenait dans les mains. Heureusement, elle n’en fit rien, et rien ne vint donc gâcher la vision magnifique qu’elle avait sous les yeux. Enfin, magnifique par rapport à ce à quoi elle s’attendait. Imaginez : au lieu de trouver une pièce dans le plus grand désordre, avec un lit défait, des chemises qui traînaient n’importe où, des cendriers pleins, et des chaussettes roulées en boule sous le lit, la jeune femme avait devant les yeux une chambre parfaitement rangée. A croire que l’aviateur n’était même pas passé dans sa chambre après qu’elle l’eut rangé la veille. Pourtant, une domestique qui servait à table lui avait dit en passant qu’elle l’avait vu. C’était à n’y rien comprendre !

Doucement, comme si elle avait peur qu’un geste trop brusque détruise le décor qu’elle avait sous les yeux, Madeleine se baissa et déposa les deux paniers et sa pile de linge sale sur le sol. Elle se redressa immédiatement et entreprit de faire le tour de la chambre, histoire de vérifier que tout était bien en place. On ne savait jamais. Mais non. La jeune femme dut se rendre à l’évidence. Tout était parfait. Il n’y avait même pas de chaussettes planquées sous le lit. Rien de rien. Etait-il possible que le Capitaine Wilson ait enfin décidé de s’occuper correctement de ses affaires ? Depuis le temps qu’il vivait à Sarnand et qu’elle s’occupait de sa chambre, Madeleine avait cessé de l’espérer !

Elle terminait le tour de la pièce en passant devant le bureau quand son regard fut attiré par un bouquet de fleurs. Des violettes ! Sans réfléchir, elle s’approcha un peu plus et tendit la main pour s’emparer du bouquet et en humer ainsi le parfum, quand elle s’arrêta subitement, pétrifiée. Devant le bouquet, posé sur le bureau, reposait un petit morceau de papier, avec une inscription. Madeleine. La jeune femme sentit le sang se retirer de son visage. Ses mains tremblèrent légèrement, et elle se félicita de ne pas avoir pris le bouquet. Si elle l’avait fait, il serait certainement tombé, ce qui aurait été très dommage. Les violettes étaient ses fleurs préférées, mais elle n’en voyait que rarement en bouquet, tout simplement parce qu’elle n’allait jamais chez le fleuriste et qu’elle ne cueillait pas les violettes qu’elle croisait quand elle se baladait. Elles fanaient vite et elle préférait les voir dans les champs que mourir dans un vase. Le seul problème, c’était que personne ne le savait ça. En tout cas, personne au château. Ou du moins, le croyait-elle. Elle faisait de son mieux pour rester invisible, mais le Capitaine Wilson paraissait la connaître.

Impossible. Madeleine s’efforça de respirer correctement et de se raisonner. Impossible. Elle se trompait forcément. Ce morceau de papier ne pouvait pas lui être adressé, pas plus que le bouquet de violettes ne pouvait lui être destiné. Pour cela, il aurait fallu que l’aviateur sache que c’était elle qui s’occupait de sa chambre, qu’elle s’appelait Madeleine et qu’elle aimait les violettes. Or, elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour passer inaperçu, il était donc improbable qu’il sache que c’était elle qui était en charge de sa chambre. Pour la même raison, qu’il connaisse son nom était vraiment très improbable. Et, quant à savoir qu’elle aimait les violettes, c’était tout simplement impossible. Personne ne le savait à Sarnand, donc même s’il avait découvert les deux points précédents, il ne pouvait pas être au courant du dernier. Impossible. Il devait avoir une amie en ville, qui se prénommait Madeleine – ce n’était pas un nom rare, après tout – et tout cela était pour elle. Forcément.

Relativement rassurée, la domestique s’autorisa à détourner le regard du papier qui portait son prénom – enfin, le nom de l’amie du capitaine – et celui-ci tomba directement sur le petit mot qui se trouvait à côté. Ah ! Avait-elle donc finalement trouvé quelque chose qui n’était pas rangé ? Ca paraissait étrange, alors que le reste du bureau était en ordre, mais on ne savait jamais… Madeleine attrapa donc le papier et commença à lire ce qui y était écrit afin de déterminer ce qu’il convenait de faire. La lecture ne mit pas longtemps à détruire toutes les hypothèses rassurantes que la jeune femme venait de bâtir et, pour le coup, elle sentit ses joues la brûler. Horrifiée, elle regardait le poème comme si elle ne savait pas ce que c’était. Elle refusait tout net de tenter de réaliser ce que ça signifiait.

Au bout d’un temps indéfini, ses doigts crispés finirent pas se desserrer et laissèrent choir la feuille de papier sur le sol. Madeleine ne songea même pas à la ramasser et fila aussi vite que le lui permettait ses jambes à moitié flageolantes vers ses paniers. Elle attrapa pile de linge et paniers, et quitta la chambre le plus vite possible. Une fois dehors, elle eut un mal fou à faire tourner la clef dans la serrure, mais réussit finalement à refermer la porte, avant de s’attaquer à la suivante. Ce ne fut qu’une fois qu’elle eut pénétré dans la chambre voisine et en eut refermé la porte, qu’elle s’adossa au battant de ladite porte et tâcha de se calmer. Tâche qui lui prit bien dix bonnes minutes, avant que ses joues ne reprennent une température plus raisonnable. Elle avait l’impression qu’elles n’avaient jamais été aussi chaudes de toute sa vie !
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